Les leçons littéraires

Dominique-Joseph Garat (1749-1833)

Reproduction extraite de l’École normale de l'An III t. IV (original conservé dans les Archives de l'Institut de France).

Portrait de Dominique-Joseph Garat.Reproduction extraite de l’École normale de l'An III t. IV (original conservé dans les Archives de l'Institut de France).

Homme politique et avocat, député du bailliage d'Ustaritz aux États Généraux, Garat succède à Danton au ministère de la Justice (1792) et à ce titre notifie à Louis XVI la sentence de mort, il est ensuite nommé  ministre de l'Intérieur (1793). Disciple de Condorcet et brillant orateur, Garat joue avec Lakanal un rôle déterminant dans la création de l'École normale où il est chargé du cours d'analyse de l'entendement (1794). Ambassadeur à Naples sous le Directoire, puis sénateur (1799), il est membre du Conseil des Cinq-Cents, puis des Anciens. Sous la Restauration, il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques (1832).

  • Leçons d' « Analyse de l'entendement humain »
Les débats qui suivent les cours des professeurs donnent lieu à des discussions animées. Ainsi, l'échange est très vif entre Garat et Saint-Martin, lors de la controverse qui les oppose le 9 ventôse (27 février 1795).
  • Prix d'éloquence de l'Académie

Garat obtient pour la première fois en 1779 le prix de l'éloquence de l'Académie française pour sonEloge de Suger. Il en sera trois fois lauréats.

Roch-Ambroise Cucurron Sicard (1742-1822)

Instituteur des sourds-muets à Bordeaux, l'abbé Sicard est nommé à la direction de l'école de Paris en 1791, devenue institution nationale, il succède ainsi à l'abbé de l'Épée qui l'avait formé à cet enseignement.  En l'an III, il est chargé du cours de grammaire à l'École normale. Menacé de déportation au 18 fructidor, il se cache pendant deux ans avant de retrouver sous le Consulat ses fonctions à l'institution des sourds-muets. Il est élu membre de l'Académie française en 1803.

  • Leçons de « Grammaire », ou  « Art de la parole »

1ère leçon, 4 pluviôse (23 janvier 1795) : 

« La parole, considérée comme un un art ». Rejetant les grammaires existantes, Sicard propose « une grammaire d'idées, une grammaire philosophique ». 

2e leçon, 7 pluviôse (26 janvier 1795) :

Il illustre ses leçons de démonstrations faites avec des muets. Pédagogue d'une grande originalité, il présente une méthode d'apprentissage des connaissances pour les sourds-muets par la théorie des signes. 

Cours d'instruction d'un sourd-muet de naissance, pour servir à l'éducation des sourds-muets, et qui peut être utile à celle de ceux qui entendent et qui parlent. Avec figures et tableaux. Par Roch-Ambroise Sicard,...

L'édition est accompagnée de planches (dont un alphabet).

Jean-François de La Harpe (1739-1803)

Poète, auteur dramatique et critique littéraire au Mercure de France, La Harpe est élu membre de l'Académie française en 1776 grâce à l'appui de Voltaire. Professeur de littérature au Lycée, il est chargé des cours de littérature à l'École normale de l'an III.  Proscrit sous le Directoire (1797), il se consacre à la rédaction des Cours de littérature ancienne et moderne, oeuvre marquante de l'histoire littéraire.

  • Leçons de « Littérature »  7e leçon, 4 floréal (23 avril 1795)

La Harpe, défenseur du classicisme, choisit pour son cours les textes des Anciens. Mais  le « De suppliciis » de Cicéron sert de réflexion sur les mécanismes de la tyrannie et les allusions politiques transparaissent. « Vous apercevrez donc des rapports sensibles, entre les moyens de rapine et d'oppression que tira Verrès de cette guerre des pirates, et ceux que la guerre de Vendée a fournis si longtemps aux tyrans de la France ».

  • 4e leçon, 14 germinal

    Sur le tutoiement 
    (3 avril 1795)

La Harpe reprend la question du tutoiement révolutionnaire et du vouvoiement aristocratique abordée à la leçon de Sicard lors de la séance précédente. Il traite la question en grammairien, et rejette les arguments des « partisans de la doctrine du tutoiement ».

  • Le Lycée, ou cours de littérature ancienne et moderne

Les Cours de littérature, principal ouvrage de La Harpe, rassemblent en 8 volumes les leçons qu'il a données au Lycée pendant douze ans de 1786 à 1797. Ce monument de critique littéraire fera l'objet de nombreuses éditions, qui témoignent de la portée de son auteur depuis la parution des premiers volumes en 1799.

Henri  Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

Après une vie de voyages en Europe et un séjour de deux ans à l'Ile-de-France (actuelle Ile Maurice), Bernardin de Saint-Pierre commence une carrière d'écrivain et se lie d'amitié avec Jean-Jacques Rousseau. Intendant du Jardin des Plantes et du cabinet d'histoire naturelle en 1791, il est nommé professeur de morale à l'École normale en 1794. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1795, et membre de l'Académie française en 1803.

  • Les leçons de « Morale » 

Programme, 11 pluviôse (30 janvier 1795)
Chargé de la « composition des éléments de morale républicaine pour l'école normale », Bernardin de Saint-Pierre commença ses leçons trois mois après les autres professeurs.
Seul le programme du cours de morale a été publié dans les Séances. Le texte des leçons, professées durant tout le mois de floréal, juste avant la fermeture de l'École le 30 floréal (19 mai 1795), n'a pas été édité.